Extrait du Document Le budget, les dettes et le déficit, Tous coupables !?
Le budget est un sujet sérieux qui ne prête habituellement pas à rire et qui ne semble souvent intéresser qu'un public d'experts et de bureaucrates dont on ne perçoit pas toujours l'intérêt qu'ils peuvent lui porter. Si l'on se réfère aux rapports, aux documents établis, aux «bleus», aux «jaunes» souvent bien compliqués, peu lisibles pour le néophyte, réservés aux experts, on peut comprendre qu'ils ne passionnent pas le citoyen, qui se débat pour équilibrer ses comptes, dans son registre simplifié à deux colonnes, revenus et dépenses.
Pourtant, nous sommes tous concernés par le budget, que nous le voulions ou non. Car nous y contribuons tous plus ou moins, par l'impôt (sur le revenu, TVA, TIPP, etc.) en profitant aussi de ses largesses (protection, subventions, exonération fiscale, etc.), comme citoyen/contribuable/consommateur.
En pratique, le budget est la traduction d'une gestion, de la gestion courante de l'entité Etat et société française, dans toutes ces composantes, comme pour toute entreprise, association, ménage. Il exprime aussi une politique, la concrétisation des mesures d'un programme, tous objets confondus (économique, sécuritaire, social, ....) , celles du gouvernement en place et des membres du parti majoritaire au Parlement, que nous avons élus de notre plein gré.
Le budget traduit aussi des idéologies : conservatrice ou libérale, de droite ou de gauche, de laxisme ou de rigueur dépensière, de circonstances (relance par la diminution de l'impôt, par exemple), de contraintes maîtrisées ou subies, etc. Et, il faut bien l’avouer, parfois quelques pensées électorales. Il n'est pas qu'un simple alignement de mesures et de chiffres. Comme les comptabilités d'entreprise, qui témoignent des comportements des dirigeants, de leurs dérives, ou de leur bon sens, de leur capacité à gérer l'avenir et la survie de leur société, au-delà de leurs propres intérêts immédiats.
Liberté, Egalité, Fraternité : la devise de la République française inscrite dans la Constitution exprime à elle seule le rôle de l'Etat qui concourt aussi à améliorer le sort de ses nationaux en redistribuant aux plus pauvres et démunis, tant que faire se peut, une part des revenus des plus aisés, de la manne fiscale ou de l'emprunt, dans une logique de fraternité et de solidarité, propre à toute collectivité.
Les niches fiscales, les réductions exonérations d'impôt, les aides sociales diverses et multiples témoignent de cet état providence, de choix de société très présents dans la vie des citoyens et des entreprises. Si l'argent ne fait pas le bonheur, comme le disait le milliardaire américain Jean-Paul Getty (1892-1976) «Je ne peux malheureusement acheter que ce qui est à vendre, sinon il y a longtemps que je me serais payé un peu de bonheur», nous savons qu'il y participe. Ce à quoi, donc, la solidarité, l'Etat et les associations caritatives s'efforcent d'y pourvoir dans la mesure de leurs moyens, aujourd'hui réduits.
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